L’arganier d’Essaouira, Agadir, Taroudant et Safi
L’arganier d’Essaouira, Agadir, Taroudant et Safi
L’arganier doit être protégé, non seulement parce qu’il joue un rôle majeur dans la lutte contre la désertification des zones arides où on le trouve – il maintient les sols et les protège de l’érosion hydrique et éolienne – mais aussi et surtout parce son rôle au niveau social et économique est primordial. Il assure en effet la subsistance de près de 3 millions de ruraux grâce à son utilisation pour le pâturage, l’alimentation et le bois de chauffage. Il permet ainsi de freiner l’exode rural en stabilisant les populations dans les campagnes.
Il semble donc peu recommandé de mettre en place une politique drastique, résolument environnementale, qui interdirait purement et simplement toute exploitation de l’arganier, mais qui inciterait les populations à l’exode rural. De nombreuses organisations environnementales marocaines et même internationales s’intéressent de près à cette problématique. De multiples programmes sont lancés ou seront lancés prochainement dans les différentes provinces où l’on trouve l’arganier: Safi, Essaouira, Agadir, Taroudant, Goulimine et Tiznit. Ces programmes ont pour objectif d’introduire une source alternative au bois d’arganier. Il s’agit tout d’abord de reboiser avec non seulement des arganiers mais aussi des eucalyptus. Ensuite, pour trouver une alternative au bois de feu, les organismes tentent d’introduire les panneaux solaires ou construisent des fours « améliorés », c’est à dire fonctionnant au gaz.
L’autre solution pour sauvegarder, voire développer l’arganeraie est de convaincre la population du gain qu’elle peut en retirer, de part notamment la valorisation de l’huile d’argan. Dès lors, il est certain que les habitants eux-mêmes, conscients de leur intérêt à faire pousser de l’arganier, développeront et protégeront cette source de richesse. Pour ce faire, des coopératives se mettent progressivement en place. Les femmes habituées à extraire l’huile d’argan de façon traditionnelle continuent ainsi leur activité non plus d’une façon isolée mais au sein d’une coopérative. Ce qui permet parallèlement d’étudier les méthodes traditionnelles et d’envisager l’apport d’un minimum de technologie pouvant alléger l’effort physique et améliorer les conditions d’hygiène, notamment en ce qui concerne l’étape du pressage et de l’extraction de l’huile.
Les coopératives ont également pour but d’offrir une activité alternative à celle qui est liée à l’exploitation de l’arganier. C’est pourquoi, d’autres activités professionnelles, éducatives et sociales sont proposées: broderie, planification familiale, alphabétisation … Pour les hommes, dont la principale activité était la commercialisation du bois d’arganier, de nombreux thèmes sont également proposés: élevage, pêche côtière, apiculture, machinisme agricole … Le plus étonnant est de voir naître, au sein de ces coopératives, des démarches marketing qui transforment les producteurs, simples exécutants répondant à une offre et à la merci du prix proposé, en de véritables commerciaux et négociants fixant eux-mêmes leurs prix.
Autour de l’arganier, c’est donc un large programme non seulement environnemental mais aussi économique, social et éducatif qui se met en place grâce aux organisations locales et avec l’appui de grands organismes internationaux dans les milieux ruraux de I’arganeraie.