Fêtes et Moussems du Maroc
Fêtes et Moussems du Maroc
Parfum de thé à la menthe, fantasias étourdissantes, femmes en robes somptueuses, danses énigmatiques, mélopées envoûtantes … Au Maroc, les fêtes et les moussems émaillent les saisons de leurs rites anciens.
Du nord au sud du Royaume, six cents à sept cents moussems sont célébrés chaque année, véritables villages de tentes où se pressent badauds et pèlerins. Grandes fêtes populaires saisonnières, à la fois pèlerinage au tombeau d’un saint, foire commerciale et lieu de divertissement, les moussems se déroulent une semaine durant, trois jours ou, parfois, une seule journée.
Certains moussems conservent leur, caractère purement religieux, d’autres sont davantage réputés pour leur souk, leurs fantasias ou leur animation. De même, chaque région aime à fêter ses ressources locales, traditionnellement à la fin des récoltes. Au printemps, la fête des roses célèbre la cueillette de ces fleurs sauvages, qui poussent par milliers dans la région de Kelaa M’Gouna. Sur fond de tapis colorés et de roses géantes en papier, les jeunes filles aux longues tresses entrecroisées de fils de laine multicolores, dansent, comme soudées l’une à l’autre, au son du bendir. Fête des cerises à Sefrou, en été, fête des dattes à Erfoud, en automne, fête des amandiers à Tafraoute, ou fête du miel à Immouzer des Ida Outanane, toutes sont prétexte à réunir des troupes de musiciens et danseurs revêtus de leurs plus beaux costumes traditionnels. La tête recouverte de foulards multicolores ou de piécettes d’argent, les cheveux tissés de fils d’argent, parées de colliers de grosses boules d’ambre brun ou de corail, et de maquillages raffinés au henné, les femmes dansent, en alternance avec les hommes, au son de chants immuables, transmis par les anciens.
Survivance des foires d’antan, anciennement situées au carrefour de routes caravanières, les moussems étaient aussi l’occasion, une fois par an, d’échanges entre régions. Aujourd’hui encore, le moussem des fiancés, non loin d’Imilchil, rassemble tous les ans les tribus Ait Haddidou dispersées sur les hauts plateaux de l’Atlas. Des « actes de fiançailles », promesses de mariage, sont signés par de jeunes couples qui ont, pendant ces quelques jours, l’occasion de faire connaissance. L’immense souk aux toiles colorées permet aux populations de se ravitailler et de renouveler leur bétail et leurs outils, avant l’hiver, où la neige ferme les vallées au monde extérieur pour de longs mois.
A Goulimine, vendeurs et acheteurs Sahraouis se retrouvent en été, durant trois jours, au milieu d’un gigantesque marché aux chameaux, tandis que les danseuses de gue¬dra, à genoux, toutes entières drapées, ondulent, agitant leurs doigts ornés de henné, dans un rythme syncopé jusqu’à épuisement. Des fêtes hautes en couleur, reflets d’une culture populaire à la fois mystique et joyeuse.